Un lot, deux locataires, quatre états des lieux et 50 Mo de stockage : tel est le plafond exact du compte gratuit de Rentila, ce logiciel de gestion locative en ligne proposé depuis 2008 aux propriétaires qui louent sans agence.
Panorama Pratique est un magazine indépendant : il n'a aucun lien avec Rentila, ne vend pas ses abonnements et ne donne pas accès au service. Tout ce qui suit provient des pages publiques de l'éditeur, consultées en novembre 2026, et des textes officiels sur la location. Les tarifs peuvent changer : la page Tarifs de l'éditeur fait foi le jour de l'inscription.
Deux lecteurs sont concernés : le bailleur qui veut quitter son tableur, et le locataire que son propriétaire a invité sur la plateforme.
Rentila, un logiciel de gestion locative pour bailleurs
Rentila remplace les classeurs, les modèles Word et les rappels notés sur un agenda par un compte unique en ligne. L'éditeur annonce plus de 50 000 bailleurs et environ 300 000 biens gérés. Ces chiffres sont les siens.
Trois fiches à créer avant tout le reste
La prise en main suit l'ordre que présente l'éditeur : créer un bien, créer un locataire, puis créer une location qui relie les deux. Cet ordre compte, car c'est la fiche de location qui porte le loyer, les charges et les échéances. Sans elle, ni le suivi des paiements ni les quittances ne peuvent démarrer. Pour situer ces démarches dans le quotidien d'un propriétaire, la rubrique Maison & immobilier rassemble nos repères sur le logement.
Les fonctions annoncées une fois les baux saisis
- Loyers et charges : suivi des paiements, appels de loyer, quittances électroniques.
- Documents : modèle de bail prérempli, états des lieux numériques, signature électronique, archivage.
- Comptabilité : gestion des comptes, synchronisation bancaire, rapport financier destiné à préparer la déclaration de revenus.
- Actes annuels : régularisation des charges, révision du loyer selon l'IRL ou l'ILC.
- Suivi courant : travaux et interventions, messagerie interne, assistant IA pour les bailleurs.
- Connexions : API et MCP pour relier d'autres outils.
Cette liste reprend les annonces de l'éditeur. Aucun test n'a été mené ici : la qualité de chaque fonction à l'usage n'est pas jugée.
Prix de Rentila : gratuit, Silver et Gold
Trois formules coexistent. La frontière entre elles tient d'abord au nombre de lots, et non aux fonctions, largement communes.
| Formule | Prix HT | Lots | Stockage | Signatures par mois |
|---|---|---|---|---|
| Gratuit | 0 € | 1 | 50 Mo | non précisé |
| Silver | 5,90 € par mois ou 59 € par an | 2 à 5 | 500 Mo | 10 |
| Gold | 11,90 € par mois ou 119 € par an | illimités | 5 Go | 20 |
Le compte gratuit se limite aussi à 2 locataires, 2 locations, 4 états des lieux et 1 utilisateur. Silver et Gold lèvent ces quatre plafonds et ouvrent le multi-utilisateur. L'assistance devient prioritaire à partir de Silver. À l'inscription, la FAQ promet 15 jours d'accès à toutes les fonctions : on découvre donc le logiciel sans ses limites, et celles-ci s'appliquent ensuite.
Trois détails que la grille laisse dans l'ombre
Les prix sont hors taxes. La page n'affiche aucun montant TTC, et le total à payer ne se vérifie qu'au moment de souscrire.
La remise annuelle n'atteint pas le chiffre du badge. La page affiche « -20 % ». Or douze mois de Silver font 70,80 € HT contre 59 € à l'année, et douze mois de Gold 142,80 € HT contre 119 € : le calcul donne environ 17 % d'économie dans les deux cas.
Le contenu du gratuit fait débat. La page Tarifs inclut la connexion bancaire, la signature électronique et l'assistant IA dans le compte gratuit, sans préciser de quantité pour la signature. Plusieurs comparatifs extérieurs affirment le contraire. La grille de l'éditeur sert de référence, à condition de la relire avant de compter sur une fonction.
Un bailleur qui possède deux logements sort d'emblée du gratuit, même avec un seul locataire par bien : la limite porte sur le lot. La FAQ le confirme, gérer plusieurs biens demande une formule payante.

Le locataire invité sur la plateforme
Un locataire n'a pas à acheter quoi que ce soit. La FAQ de l'éditeur indique qu'il dispose de son propre compte pour suivre ses loyers, ses paiements, ses quittances, ses tâches et ses rappels, avec une application dédiée.
Passer par un logiciel ne change pas les règles de fond. Selon l'article 21 de la loi du 6 juillet 1989, la quittance est due gratuitement au locataire qui la demande, et elle distingue le loyer des charges. Aucun frais de gestion lié à l'avis d'échéance ou à la quittance ne peut lui être facturé. Le coût éventuel d'un abonnement reste donc à la charge du propriétaire.
L'envoi dématérialisé suppose l'accord exprès du locataire : le simple fait d'utiliser un outil en ligne ne le remplace pas. En cas de paiement partiel, le bailleur remet un reçu, et non une quittance.
Pour les informations des locataires, le responsable de traitement est le bailleur, et Rentila agit comme sous-traitant. Un locataire qui veut exercer ses droits doit donc s'adresser d'abord à son propriétaire.
Accéder à son compte Rentila sans se tromper d'adresse
Le service se trouve sur rentila.com, et les applications mobiles sur l'App Store et Google Play. Panorama Pratique n'est pas une page de connexion et ne demande aucun identifiant. Avant de saisir un mot de passe, il reste prudent de contrôler l'adresse affichée dans le navigateur, surtout après un clic depuis un e-mail ou une publicité : un compte de bailleur regroupe des baux, les coordonnées des locataires et des données bancaires.
En cas de blocage, le centre d'aide ne propose pas de rubrique consacrée au mot de passe oublié ou à la panne de connexion. Le plus proche se trouve dans la rubrique « Mon compte », avec ses 15 articles, et une page de contact figure en pied de page. La FAQ mentionne aussi l'envoi d'un message depuis le compte, ce qui suppose d'y avoir encore accès.
Baux, modèles et révision du loyer : ce qui reste au bailleur
Les conditions générales sont nettes sur ce point : Rentila ne fournit aucune prestation juridique. Ses modèles de bail et d'état des lieux sont présentés comme simplifiés, et l'utilisateur reste seul responsable de leur adaptation et de leur validité. Les contenus produits par l'assistant IA ne sont pas garantis non plus et doivent être vérifiés.
La révision du loyer illustre bien cette limite. Un logiciel calcule, mais il ne crée pas le droit de réviser. D'après Service-public :
- la révision n'est possible qu'une fois par an, et seulement si le bail contient une clause qui la prévoit ;
- le nouveau loyer vaut le loyer actuel, multiplié par l'IRL du trimestre de référence de l'année en cours, puis divisé par l'IRL du même trimestre de l'année précédente ;
- le bailleur dispose d'un an après la date de révision pour la notifier, sans effet rétroactif, et les sommes non réclamées dans ce délai sont perdues ;
- la révision est interdite pour un logement classé F ou G dès lors que le bail a été signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 24 août 2022 en métropole, ou depuis le 1er juillet 2024 en Guadeloupe, Guyane, Martinique, à La Réunion et à Mayotte ;
- elle est également exclue pour un bail mobilité.
Une alerte automatique ne dispense donc pas de relire le bail et le diagnostic de performance énergétique du logement.

Données : où elles sont hébergées et combien de temps
La charte de confidentialité situe l'hébergement chez OVH à Roubaix, et les documents ainsi que les sauvegardes quotidiennes chez Wasabi, dans sa région de Paris. Rentila Ltd reste toutefois une société bulgare : les serveurs sont en France, le contrat ne l'est pas.
La charte cite ses sous-traitants, parmi lesquels Powens pour la synchronisation bancaire, Stripe, GoCardless et PayPal pour les paiements, ainsi que plusieurs fournisseurs d'IA (OpenAI, Google Gemini, Anthropic, Mistral AI). Toute personne qui active la connexion bancaire ou l'assistant fait donc circuler des données vers ces prestataires, dans le cadre décrit par la charte. Pour les demandes liées au RGPD, l'adresse indiquée est contact@rentila.com.
L'inactivité mérite une attention particulière. Un compte sans activité est désactivé après six mois, puis supprimé après un an, avec un rappel envoyé 30 jours avant. Un propriétaire dont le logement reste longtemps vide ou qui délaisse l'outil a donc intérêt à exporter ses dossiers : la FAQ permet de le faire à tout moment en PDF, Excel ou CSV. Les sauvegardes sont conservées 12 mois au maximum, et cette durée ne remplace pas un archivage personnel des baux et des quittances.
Résiliation et contrat avec une société bulgare
L'immatriculation de Rentila Ltd au registre du commerce de Sofia se lit dans plusieurs clauses :
- Reconduction : les offres mensuelles et annuelles se renouvellent tacitement ; les abonnés annuels reçoivent un rappel par e-mail au moins 14 jours avant l'échéance.
- Résiliation : possible à tout moment, sans pénalité, avec effet à la fin de la période en cours. Les conditions ne prévoient de remboursement au prorata que dans des cas particuliers, comme une modification qui affecte fortement le service.
- Rétractation : 14 jours pour un consommateur, mais ce droit ne s'exerce plus dès lors que le service est pleinement utilisé.
- Droit applicable : droit bulgare, sous réserve des règles plus favorables du pays de résidence du consommateur européen. Après 30 jours de tentative amiable, les litiges vont devant les tribunaux de Sofia, et la version bulgare des conditions prévaut.
Rentila face aux autres logiciels de gestion locative
Les recherches mènent vite vers des classements : BailFacile, Gérer Seul, Immobilier Loyer, Smartloc ou Monsieur Hugo y figurent souvent. Plusieurs de ces pages sont publiées par des éditeurs concurrents, parfois classés premiers dans leur propre comparatif. Elles aident à repérer des critères, mais pas à trancher.
Quatre questions permettent de comparer sans dépendre de ces notes : le nombre de lots gérés aujourd'hui et dans cinq ans, le besoin réel de signature électronique et son quota mensuel, la possibilité d'exporter tout l'historique, et le pays de la société qui signe le contrat.
Questions fréquentes
Rentila est-il vraiment gratuit ?
Oui pour un seul lot, avec 2 locataires, 2 locations, 4 états des lieux et 50 Mo. Dès le deuxième lot, il faut passer à Silver ou à Gold. La gratuité complète concerne aussi les 15 premiers jours, durant lesquels toutes les fonctions sont ouvertes.
Combien coûte un abonnement Rentila ?
Silver coûte 5,90 € HT par mois ou 59 € HT par an pour 2 à 5 lots. Gold coûte 11,90 € HT par mois ou 119 € HT par an sans plafond de lots. La grille affiche ces montants hors taxes uniquement.
Rentila est-il une entreprise française ?
Non : l'éditeur, Rentila Ltd, est une société de droit bulgare immatriculée à Sofia. Les données sont en revanche hébergées en France, à Roubaix et dans la région de Paris, d'après sa charte de confidentialité.
Comment résilier Rentila ?
La résiliation est ouverte à tout moment, sans durée minimale d'engagement ni pénalité. Elle prend effet à la fin de la période déjà payée. Mieux vaut exporter ses documents avant de fermer le compte.
Un locataire peut-il refuser de passer par Rentila ?
Le locataire garde le droit d'obtenir gratuitement sa quittance sur demande, et l'envoi électronique suppose son accord exprès. S'il refuse l'envoi dématérialisé, le bailleur doit lui remettre sa quittance autrement.
Rentila remplace-t-il un conseil juridique ?
Non. Les conditions générales excluent toute prestation juridique et laissent au bailleur la responsabilité de ses modèles. En cas de doute sur un bail, une ADIL, un notaire ou un avocat peuvent répondre au cas particulier.
Sources et références
- Rentila, page d'accueil et présentation du service — www.rentila.com
- Rentila, formules et tarifs — www.rentila.com
- Rentila, foire aux questions — www.rentila.com
- Rentila, centre d'aide — www.rentila.com
- Rentila, conditions générales d'utilisation — www.rentila.com
- Rentila, charte de confidentialité — www.rentila.com
- Service-public, Quittance de loyer : comment l'obtenir ? — www.service-public.gouv.fr
- Service-public, Augmentation et révision du loyer en cours de bail d'habitation — www.service-public.gouv.fr
- Légifrance, article 21 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — www.legifrance.gouv.fr

